Un nouveau contrat démocratique

Contribution de Philippe Noguès

L’article sur AGORAVOX, avec ses commentaires : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=31811

Face à une droite qui ne fait déjà plus rêver, malgré les gesticulations démagogiques et permanentes de son leader, la gauche socialiste, et notamment le PS, n’apparaît malheureusement toujours pas comme une alternative crédible. On pourrait même dire qu’elle est aujourd’hui totalement inaudible…et pas seulement parce qu’elle manquerait d’un leader reconnu !

A l’incertitude du lendemain qui pèse sur le moral de nos concitoyens, et qui provoque, en corollaire, un indéniable désenchantement civique, s’ajoute, il faut en être conscient, une véritable crise de confiance dans la classe politique. Une majorité de Français regardent ainsi nos efforts de refondation avec scepticisme, avec la sensation qu’il n’existe pas de solutions alternatives, réalistes, à celles de la droite.

Le Parti Socialiste est aujourd’hui, mais de cela personne ne doute, à un tournant de son histoire. Il peut ainsi faire illusion encore quelques temps avec un programme remanié et un fonctionnement inchangé qui continuera à favoriser les médiocres luttes internes pour le pouvoir, et les rentes de situations pour une certaine frange de dirigeants.

Ou alors, mais cela nécessitera des choix difficiles et dérangeants, il peut retrouver l’adhésion de la population grâce à un projet clair et cohérent (qui passera alors sans doute par des propositions parfois ressenties douloureusement), mais aussi et surtout par des pratiques novatrices qui témoigneront de sa volonté de mettre l’homme au coeur de son combat, de faire de la politique autrement ! Par son histoire, les réformes et avancées sociales qu’il a initié, le Parti Socialiste peut aujourd’hui revendiquer la légitimité de porter cet engagement nouveau.

Avec une réflexion neuve quant aux contenus et aux objectifs de l’action publique, en prenant en compte les impératifs du monde actuel, tout en conservant nos valeurs de justice, de solidarité, en intégrant notamment la question sociale comme une dimension incontournable de l’exigence démocratique, nous pourrons redonner du sens à la politique. Une stratégie de changement social est à réinventer, certes dégagé des archaïsmes idéologiques du passé, mais aux finalités profondément transformatrices.

La place du citoyen dans l’espace public est donc forcément à repenser en conformité avec un contexte en profonde mutation. Il n’est plus possible de la limiter aux seules opportunités qu’offre la démocratie représentative.

Les élections municipales prochaines peuvent être un signal de cette volonté nouvelle de faire de la politique autrement. Développer la démocratie locale nécessitera ainsi des changements profonds, souvent dérangeants pour les élus en place, qui devront accepter de considérer les citoyens comme de véritables partenaires, à qui ils seront amenés à transférer, sur certains projets, une partie de leurs « pouvoirs législatifs ».

Mais ces pratiques nouvelles marqueront aussi positivement l’action de ces élus. La politique en bénéficiera forcément…et la gauche y retrouvera confiance et intérèt de la part du citoyen. Elle n’a, de toute façon, sans doute pas d’autre chemin possible !

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2 Responses to Un nouveau contrat démocratique

  1. Marc LORET - LANGUIDIC says:

    Bravo Philippe pour ta dithyrambe raisonnée mais enthousiaste, rationnelle mais passionnée, sur la place que doit prendre la démocratie locale dans notre pays .

    A l’instar du fait que ce sont les militants qui doivent constituer l’âme d’un parti, ce sont les concitoyens d’une commune qui doivent
    s’approprier la gestion municipale, en être acteurs ou pour le moins partenaires.

    Il leur appartient de valider les grandes orientations qui leurs sont proposées par la municipalité, de les infléchir, de les corriger. Ils doivent exercer leurs pouvoirs (qui sont aussi leurs devoirs …) de proposition, de sanction, d’adhésion, de participation.

    Le temps est fini des « notables » qui faisaient le bonheur des gens malgré eux. Plus rien désormais, en matière de démocratie locale, ne devra être comme avant ! Nous en avons tous, collectivement, la responsabilité.

    Cordialement,

  2. Commentaire de Christian Le Bourdonnec

    Dithyrambe ou orientation politique innovante ?

    L’histoire montre que les grands changements de nos sociétés se sont déclenchés dès lors que des idées ont été affichées comme idéal à atteindre. Parfois même cet idéal ressemblait fortement à une utopie. Ces idées, idéaux, utopies doivent être exprimés sans craindre le regard critique des pragmatismes de tout crin. Il n’y a pas pire ennemi pour les idées que la réduction au concrêt et à la réalité.
    Ce qu’expose Philippe relève d’un projet de construction d’un nouveau rapport au pouvoir qui reste fidèle aux valeurs portées par les pères historiques du Socialisme. La volonté de voir se mettre en place la démocratie locale sur les bases qu’argumente Philippe est résolument moderne au sens d’une adaptation pertinente à l’évolution de notre contexte (aussi bien sociétal qu’en interne au PS).

    C’est pourquoi, même à l’échelon local, osons !!

    Mais oser cette démocratie locale oblige à une rigueur de tout instant et surtout une attention particulière au respect de nos démarches démocratiques internes. Au P.S., exercer notre démocratie locale sur la base d’une association de tous les acteurs aux choix stratégiques oblige dans un premier temps à faire circuler l’information pour permettre aux militants de base de se construire un point de vue lorsqu’un choix est à faire, que se soit des choix sur des projets, des programmes, des orientations ou des personnes à nommer comme représentatives du P.S. à quelque endroit que se soit. Lorsque Yves Perran c’est positionné publiquement pour les cantonales c’est cet état d’esprit que j’ai perçu.

    Les enjeux et les moyens d’une réforme sont très complexes à appréhender et très difficiles à s’approprier pour tous. L’énergie de chacun doit se concentrer sur ce qui peut rassembler les forces vives pour, dans un premier temps, gagner sur les échéances proches. C’est important de rassurrer en interne sur les questions de cohérence stratégiques et de consensus derrière les hommes et les femmes qui montent sur la scène de la démocratie représentative. En interne ces prochains quinze jours nous devons voter pour désigner nos candidats, faisons le massivement.